Des mots sensuels...

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Nick & Co.

Chuchote-moi

Recrue des sens (par Alec Raumer)

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Ma douceur, mon inaccessible désir,

 

Je pense à toi. A ces nuits qui n'existeront jamais. A ton corps que je ne posséderai pas plus que le souffle d'un songe passager. Fugace. De ceux qui se perdent dans les brumes de l'inconscient lorsque la réalité d'un jour se renouvelant déchire ce qu'il peut rester des délices d'un sommeil dans lequel l'esprit demeure libre des entraves de la raison...

Je pense à ton ventre et tes seins se soulevant puissamment dans l'effort de la recherche d'une respiration bousculée par le désir et le plaisir s'annonçant.

 

Je pense à tes hanches ondulant et frappant notre couche de toute leur impatience.

 

Je pense à tes jambes que mes mains affamées effleureraient, exploreraient patiemment puis saisiraient avec toute la puissance de mon propre désir.

 

Je pense à tes pieds que je dessinerais de mes doigts et que je réchaufferais de mon souffle brûlant.

 

Je pense à ton dos que je parcourrais longuement de mes lèvres humides. De ces mêmes mains gourmandes cette fois. Puis de tout mon corps incandescent.

 

Je pense à tes fesses que je ne pourrais que mordre et saisir pour les écarter à l'extrême afin qu'elles laissent apparaitre les trésors qu'elles dissimulent si jalousement.

 

Je pense à ma langue n'osant pas te goûter trop vite, attendant encore que l'eau de ton désir se répande enfin comme un signal, une supplication...

 

Je pense à ta bouche entre ouverte, ta bouche aux lèvres ruisselantes, jumelles bouillantes desquelles je boirais l’écume…

 

Alors je pense à ton sexe devenu appel, ton antre aux chairs rougies par l'impérieux besoin d'être pris, habité, pénétré, fouillé, ton fruit mûri par trop d'attente s'ouvrant et m'offrant ses parfums délicieux et enivrants…

 

Je pense à ma langue, encore, devenue serpent sulfureux parcourant d'abord prudemment les creux de ton aine détrempée avant d'oser s'aventurer vers l'orée d'une brousse encore inconnue. Y chercher quelques temps encore son chemin puis plonger profondément là où la chaleur est la plus forte et où tout son corps le supplie de se réfugier en remuant en tous sens afin de se frayer un chemin sûr.

 

Puis revenir enfin, saoul de tes liqueurs fortes et délicates à la fois, oui revenir à lui, comme vers un oubli voulu, calculé,  puis se tordre, s'enrouler, danser sur le délice caché jusqu' alors mais se dressant à présent et surgissant dessous sa coiffe devenue trop étroite… Et là ce serpent, ma langue, ne quitterait ce lieu divin que lorsqu'il saurait qu'il ne reste plus beaucoup de temps avant l'apothéose d'un final se déclarant trop tôt…

 

Alors je pense à mon propre sexe, érigé, turgescent, dur et avide de se perdre en toi. Je pense à tes cuisses ouvertes jusqu'à là limite de la douleur m'offrant encore le coeur de mon plus grand désir et alors seulement je m'y enfoncerais jusqu'à la garde pour ressentir ton corps au plus profond, au plus loin et je mènerais alors une danse éperdue, te remuant, te tournant pour que tu sentes mon souffle sur ta nuque que je saisirais d'une main ferme  pour mieux te soumettre au dictat de mon désir débridé.

 

Tu serais chienne soumise et volontaire, jusqu'au bout je te prendrais, te posséderais te dominerais…

 

Alors, las de se dresser devant l'inéluctable, comme si nos âmes étaient liées, nos corps exploseraient de toute les rétentions voulues, désirées mais trop accumulées comme une eau impétueuse à la force décuplée par les plus violents orages d'été et vaniteusement retenue par un barrage trop faible.

 

Alors oui tous les deux unirions nos cris, nos corps se tendraient, se tordraient échappant à toute volonté de contrôle, rendus à l’état primaire, animal, brut, vrais,  tes ongles s'enfonceraient sous ma peau devenue tienne pendant que nous jouirions ensemble…

 

Puis nos deux corps haletants, finiraient leur formidable duel par les plus tendres caresses, les plus profonds baisers, les plus doux regards cependant que nos mouillures mélangées nous offriraient le cumin de leurs odeurs suaves, uniques, nôtres...

 

Pas un mot qui ne viendrait s’interposer, risquer de gâcher la descente, fissurer le silence… Juste nous, unis, désunis et réunis enfin…

 

Il est quatre heures, je suis en eau,  je suis en rage,  je suis en pleurs et je me réveille le feu au cœur…

 

 

Alec Raumer est d'abord le pseudonyme d'un auteur compositeur qui n'assume pas ce texte au point de le signer de son vrai nom. Mais il gagne à rester inconnu dans la cour des miracles du texte érotique. Ce tapuscrit pseudo littéraire honteusement licencieux commis une nuit sans l’une et qui est présenté ici y sera son unique participation.

 

En effet et au départ, il s'agit d'un texte bien réel dûment expédié à une femme bien réelle elle aussi et objet de ses désirs... La lettre émut la muse, lui procura quelques bonheurs clandestins et la convainquit presque. Seulement... Elle vivait si loin et était tellement mariée..

 

 

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